"J’aime beaucoup le projet parce que tu peux te faire plein d’amis et tu ne perds pas ton temps dans la rue. Ici au Brésil, beaucoup d’enfants restent jouer dans la rue et quand ils deviennent adolescents ils se droguent. J’adore mes professeurs du projet. On apprend plein de choses intéressantes" Caio, 11 ans
Une chance dans la vie
"Le projet est super éducatif. Il donne une chance dans la vie. Pour qu’on ait un travail et des conditions de vie meilleures quand on sera grand." Nayla 10 ans
Je voulais fuir ce monde
”Je voulais fuir ce monde’, dit-elle aujourd’hui. Marcela ( 1) a 17 ans. Ce monde ? C’est celui de la drogue, du crime aussi, de la grande pauvreté. Voilà quelques années, son père est mort d’alcoolisme, deux de ses frères, trafiquants, ont décampé vers un autre état du Brésil, et un autre, malade mentaux, a payé leur fuite : il a été assassiné, littéralement écartelé.
Non loin de sa triste bicoque en pilotis, elle raconte : "J’ai toujours appris les choses précocement. L’endroit où j’habite a toujours été un point de trafic. Quand j’entrais à la maison, il y avait toujours des hommes armés, avec de la drogue."
Elle aurait pu, elle aussi, plonger dans cette vie mortifère. Perdue, comme on se raccroche désespérement à une bouée, elle s’est inscrite au Programme social et humain, du gouvernement de l’Etat de São Paulo. "Au début, ce qui m’a intéressée, c’était la bourse de 65 reais par mois (autour de 20 euros)", avoue-t-elle avant d’ajouter : "Mais j’ai commencé à découvrir beaucoup de choses sur la citoyenneté, l’environnement. Et j’ai commencé à participer à des activités artistiques"
Aujourd’hui, elle suit des cours de danse, en donne aussi et continue ses études. "Avec ma mère, nous voulons partir d’ici". Pour que ses frères, âgés de 9 et 10 ans, vivent autre chose.
J’étais un petit dealer
"Si je voyais des tennis de marque à la télé, une chemise à la mode, un bermuda que tout le monde portait, je faisais tout pour l’avoir. J’ai commencé par arrêter les voitures pour avoir quelques pièces et puis je me suis mis á vendre de la drogue comme petit dealer", confie Rafael, 20 ans.
Sa vie a dérapé quand son beau-père l’a "arraché" à sa grand-mère. A 11 ans. "Il était brutal. Me tapait sans raison. Du coup, je suis devenu le mauvais fils qu’il méritait avoir."
Et puis, il y eut cette opportunité : une bourse de 70 reais (environ 23 euros) á la condition de participer á des activités et des projets. "Je n’en avais pas envie. Je pouvais gagner beaucoup plus d’argent grâce à la drogue. Finalement, j’y suis allé pour voir". Maintenant, il travaille dans un centre communautaire où, à son tour, il encadre des activités.